Accueil Phonothèque Dossiers Dossier: Vingt bougies pour la politique de la Ville…

Dossier

Vingt bougies pour la politique de la Ville…

1990 : la naissance d’un espoir

gouvernement RocardAvant l’instauration d’un ministère à part entière, Michel Rocard crée en 1988 la Délégation Interministérielle à la Ville ayant pour but de regrouper les initiatives isolées jusque-là, telles que la Dotation de solidarité urbaine (DSU) désormais connu sous le nom de Dotation globale de fonctionnement, ou encore Banlieue 89, projet d'urbanisme visant à donner aux banlieues une autonomie vis-à-vis de leurs mégalopoles, initié en 1983. C’est donc très exactement le 22 décembre 1990 que le ministère de la Ville en tant qu’entité autonome est créé sous le deuxième gouvernement de Michel Rocard. Les grands ensembles d’habitats sociaux initiés en 1960 commencent à entamer un processus de dégradation important qui termine de dessiner les nouveaux contours des « quartiers sensibles ». Les populations de ces quartiers sont de plus en plus marginalisées, et ces quartiers sont relégués à de simples juxtapositions des métropoles. Comme le souligne Catherine Panassier, consultante chargée d'études en sociologie urbaine et politiques publiques, dans son article intitulé La politique de la ville dans les années 1990 : une politique de discrimination positive pour des quartiers et des populations exclus de la ville et de la vie sociale et économique, « tout l’enjeu de la Politique de la Ville va alors consister à conduire des actions d’insertion des populations et d’intégration des quartiers à la ville, et ce dans l’objectif de normaliser ces territoires, notamment par une plus grande mixité sociale ». Michel Delebarre prend ainsi les rênes du nouveau ministère pour en assurer la cohérence et le suivi nécessaire. Treize sous-préfets sont alors désignés pour assurer l’intendance entre les collectivités locales et l’Etat, et permettre la mise en œuvre des contrats DSU entre ces mêmes collectivités et les quartiers sensibles, au nombre de 400 à l’époque. Ces 400 quartiers sont alors reconnus comme les plus précaires de l’hexagone. « L’objectif majeur donné à la Politique de la Ville est en effet fondé sur une vision commune de ces territoires alors considérés comme des quartiers dont il convient de réduire les écarts et de rattraper les retards pour qu’ils deviennent des quartiers comme les autres », analyse Catherine Panassier.

Extrait : Une histoire des politiques de la ville (1/2)

Radio Oxygène - Jean-Louis Rioual (2010)

extrait1-oxygene-s3659a-1.mp3

 

1993-2005 : cohabitation et association d’entraides mutuelles

La création du premier véritable ministère de la Ville en 1991 s’est fait avant tout dans un souci économique et logo plan cohésion socialeurbanistique. Les quartiers désignés comme précaires marquent en effet un retranchement économique important et l’écart se creuse entre eux et les quartiers alentours.  Mais les problèmes qui touchent ces quartiers vont bien au-delà d’une simple problématique urbanistique. Ils touchent à un ensemble de données liées à plusieurs domaines : affaires sociales, aménagement du territoire, emploi, travail et logement. En 1993, le ministère de la Ville est dissous et est associé au ministère des Affaires sociales et de la Santé dans le gouvernement Balladur, pour ensuite changer de main sous le gouvernement Juppé et passé au ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Intégration de 1995 à 1997. Au cours de ces deux années, le gouvernement Juppé met en œuvre un pacte de relance de la politique de la ville et définit ainsi trois niveaux d’interventions prioritaires : les zones urbaines sensibles (ZUS), les zones de redynamisation urbaine (ZRU) et les zones franches urbaines (ZFU). La politique de la Ville prend ainsi une tout autre dimension et s’enorgueillie de vouloir « sauver » les quartiers sensibles de plus en plus nombreux et exigus. Face au problème grandissant des logements sociaux de plus en plus insalubres et en nombre insuffisant, et face à une population désœuvrée encaquée dans des quartiers marginalisés, le gouvernement Jospin, qui replace la politique de la Ville aux côtés de l’Emploi et de la Solidarité, décide de créer en 2000, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (loi SRU) avec notamment la mise en place des Schémas de cohérence territoriale (SCOT). Alors qu’en 2002, la politique de la Ville rejoint les Affaires sociales, le Travail et la Solidarité sous les gouvernements de Raffarin et de Villepin, une loi venant compléter la loi SRU est mise en place : la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine (LOPVRU) - dite« loi Borloo » - qui vise à « casser les ghettos urbains », faisant parti du programme national de rénovation urbaine. Un pas est ainsi franchi vers une stigmatisation des quartiers dès lors regroupés sous le terme « ghettos », un mot à forte connotation péjorative et alarmante.

Extrait : Les premières rencontres parlementaires sur la ville

RFI - Miriana Kovacevic (1999)

extrait2-rfi-s1157b-3.mp3

 

2005-2011 : Une priorité gouvernementale

maurice leroyIl faut attendre les émeutes des banlieues de novembre 2005 pour voir le gouvernement prendre la pleine mesure des conditions inacceptables dans lesquelles se sont façonnées les idéologies et les conditions de vie des ces « ghettos ». Pour répondre à la révolte violente de citoyens en colère de part leur précarité, une multitude de mesures visant à réparer un mal grandissant sont prises autour de la loi du plan de cohésion sociale mise en place quelques mois plus tôt, le 18 janvier 2005 sous le gouvernement Fillon. Cette nouvelle relance de la politique de la Ville vise à promouvoir la solidarité collective face à un chômage structurel et à l’exclusion qui l’accompagne. Mobilisation pour l’emploi, rénovation de l’effort collectif en faveur des demandeurs d’emploi, politique dynamique en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, notamment par une relance de la formation en apprentissage, mise en œuvre au profit des titulaires de minima sociaux d’un contrat d’avenir, et diverses mesures en faveur du développement de l’activité économique et de la création d’entreprise font partie de ce plan de relance en faveur de la cohésion sociale et de l’égalité des chances. Enfin, les contrats de ville présents jusqu’en 2007 laissent finalement la place aux contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) qui ont été renouvelés et seront en vigueur jusqu’en 2013, alors que la réhabilitation d’un ministère de la Ville à part entière a pris effet le 14 novembre 2010 sous le gouvernement Fillon III. Vingt ans donc que la politique de la ville s’inscrit, quels que soient les gouvernements en place, comme un enjeu socio-économique crucial. Après avoir fêté l’anniversaire des vingt ans de la politique de la ville, de nouvelles perspectives viennent d’être engagées par le premier ministre François Fillon et le ministre de la Ville Maurice Leroy. Le 18 février 2011, les deux ministres ont annoncé la création de 7000 contrats d’autonomie en 2011 dans le but de relancer l’emploi des jeunes. La création de 45 000 contrats d'autonomie avait été décidée en 2008, pour une période de trois ans. Fin décembre 2010, 37 000 contrats ont effectivement été conclus. Il en reste pour l’instant 8000 à créer, auquel s’ajoutent donc les 7000 supplémentaires décidés par le Comité interministériel des villes (CIV) ce qui porte donc à 15 000 le nombre de contrats qui seront signés cette année. Le prolongement des CUCS a également été validé jusqu’en 2014. Concernant les logements sociaux, alors que la loi SRU affiche un bilan plutôt rouge, pour l’instant aucunes nouvelles données n’ont été diffusées. Maurice Leroy préfère privilégier l’emploi et l’éducation. En somme, la nouvelle génération est donc l’espoir de la France, sous réserve que cela suffisse à réhabiliter des quartiers pour l’instant offerts à la désolation…

Extrait : Espoir Banlieues 2010 - L'emploi

Alliance Plus - Anne-Lise Clerc (2010)

extrait3-alliance-s3662c-1.mp3

Emilie PETIT

Sélection

Une histoire des politiques de la ville (1/2)

Avec des succès divers et un florilège de textes, de lois, de règlements, de plans et de programmes, il est difficile de trouver une cohérence d'ensemble dans les politiques menées depuis le début des années 1980.

Jean-Louis RioualRadio Oxygène

Entretien – 21 minutes – diffusé le 27-04-2010 – mis en ligne le 27-01-2011

Une histoire des politiques de la ville (2/2)

L'urbaniste Claude Chaline nous les présente ici les programmes proposés actuellement en matière de Politique de la ville.

Jean-Louis RioualRadio Oxygène

Entretien – 21 minutes – diffusé le 28-04-2010 – mis en ligne le 28-01-2011

Les politiques de la ville : la construction d'un récit urbain des quartiers populaires

Réflexion sur trente ans de politique de la ville.

Jean-Louis RioualRadio Oxygène

Entretien – 20 minutes – diffusé le 19-03-2010 – mis en ligne le 06-10-2010

Les premières rencontres parlementaires sur la ville

Les premières rencontres parlementaires sur la Ville ont eut lieu le 2 février dernier, à l’Assemblée Nationale, sur le thème “ Quelle ville pour le XXIème siècle ? ”

Miriana KovacevicRFI

Magazine – 23 minutes – diffusé le 11-03-1999 – mis en ligne le 13-10-2010

Espoir Banlieues 2010 - L'emploi : un espoir dans les banlieues ?

L'objectif de cette rencontre est de faire le point sur ce qui va et ce qui ne va pas, dans différents domaines. L'un des principaux problèmes est évidemment le chômage, notamment chez les jeunes.

Anne-Lise ClercAlliance Plus

Reportage – 27 minutes – diffusé le 30-04-2010 – mis en ligne le 01-02-2011

L’intégration dans les prochains contrats de ville (1/4)

Première partie d'une émission consacrée à la place de l'intégration dans les contrats de ville à venir : entretien avec Daniel Béhar, représentant l’A.C.A.D.I, une coopérative privée dont le but est la recherche sur les politiques sociales.

Florence MattonAligre FM

Entretien – 9 minutes – diffusé le 04-05-1999 – mis en ligne le 25-10-2010

Rencontre avec Fadela Amara

À la veille du 3e Rendez-vous Espoir Banlieues, rencontre avec Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la Politique de la Ville.

Stéphane GravierAgora FM

Entretien – 18 minutes – diffusé le 07-04-2010 – mis en ligne le 17-01-2011

Coup de pouce pour l’emploi

Les réalisations dans le cadre de la politique de la ville avec Jean-Paul Deletombe, adjoint au Maire de Domont, dans le Val d’Oise, chargé de l’emploi et des entreprises, et Gilles Sudreau, directeur de la Maison de l’emploi et des professions.

Corinne GrumbergRadio Enghien

Entretien – 19 minutes – diffusé le 03-06-1999 – mis en ligne le 11-11-2010

 
Rechercher dans
la Phonothèque
Connexion

Nos partenaires