Dossier
Solidarité, et nous, et nous, et nous…
Le Monde est à … qui ?
Un activisme solidaire
Créée en 1998, la Semaine de la solidarité internationale met en place, chaque année, au mois de novembre, une charte, qui détermine les enjeux de l’évènement. Les réalités économiques, sociales et politiques étant en constante mutation d’un pays à l’autre, il était indispensable de fonder, pour chaque nouvelle année, des objectifs adaptés. Cette année, ce sont cinq points essentiels qui ont été définis : promouvoir les valeurs portées par le texte de l’évènement, informer sur les enjeux de la coopération internationale, donner une plus grande visibilité à la solidarité internationale, encourager les partenariats entre tous les acteurs de la société et dépasser les clichés misérabilistes.
Un vaste programme coordonné, depuis sa création, par le Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID). A ses débuts, cette initiative a été lancée par des associations de solidarité internationale, en concertation avec les pouvoirs publics, suite aux Assises de la coopération et de la solidarité internationale d’octobre 1997. Mais au-delà d’une simple manifestation annuelle, le CRID est avant tout convaincu que « l’action pour le développement s’incarne dans des relations entre Etats et Collectivités, mais aussi entre communautés, associations et individus. Investis par des forces sociales ayant elles-mêmes des intérêts liés aux enjeux internationaux, les Etats, à eux seuls, ne peuvent être les moteurs d’une action permettant de réduire les inégalités entre le Nord et le Sud, et les antagonismes entre l’Est et l’Ouest. C’est au cœur des sociétés civiles qu’il appartient de soutenir cette action et de l’amplifier. »
Extrait : Le bon emploi de la solidarité
Radio Rencontre - Daouda Coulibaly
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Une solidarité sociale…
Action contre la faim, ATD Quart monde, Comité catholique contre la faim et pour le développement, Comité français pour la solidarité internationale, etc., tout autant d’associations œuvrant en faveur de la solidarité internationale, qui, au long de l’année, organisent des actions en faveur des défavorisés. Récolte de vêtements, de nourriture ou simplement de quelques fonds pour financer des opérations humanitaires sur le terrain, tout est bon pour la cause. En France, il existe entre 120 et 150 organisations nationales de solidarité internationale ; 2600 collectivités territoriales sont engagées dans plus de 6000 actions de développement sur 120 pays ; et les dons pour la solidarité internationale ont augmenté de 5%. Des chiffres qui montrent que l’entraide est encore d’actualité.
La solidarité internationale s’est, en effet, largement développée depuis 30 ans. Désormais, plusieurs « programmes » existent, notamment par le biais d’ONG. Il est possible de partir en tant que bénévole, stagiaire, ou encore prendre un congé de solidarité. Ce dernier permet aux salariés qui souhaitent partir au service d’une ONG, grâce à la loi 95-116 du 4 février 1995, de prendre un congé de solidarité internationale pour une période maximale de six mois, sous réserve de l’acceptation de la demande par l’employeur, avec garantie de retrouver son poste au retour de la mission. Une manière de s’engager tout en conservant un statut social décent.
La professionnalisation croissante du secteur de la solidarité internationale nécessite désormais une formation et une compétence, ainsi que parfois une expérience professionnelle spécifique, menée en France et sur le terrain.
Extrait : Le Comité Chrétien contre la Faim et pour le Développement
Fréquence Soleil Toulouse - Majid Kaoua
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… mais indéniablement financière
Et l'Etat dans tout ça ? Une étude récente de l'Organisation de coopération et de développements économiques (OCDE) a déterminé que, selon de nouvelles estimations, les pays en développement représenteront d'ici 2030, près de 60% du PIB mondial. Les prévisions fondées sur les analyses d'Angus Maddison, économiste de renom mort en avril dernier, suggèrent que le poids économique agrégé des pays en développement et des pays émergents est sur le point de dépasser celui de l'ensemble des pays développés. Selon cette étude, la crise financière et économique aurait accéléré cette transformation structurelle de l'économie mondiale. Pourtant, la pauvreté a nettement augmenté ces dernières années dans les pays riches, alors que les pays en développement tels que l'Inde et la Chine affichent un taux de pauvreté qui devrait retomber à 5% d'ici 2015.
L'ONU a ainsi réalisé un état des lieux de la pauvreté dans le monde et des facteurs liés à son augmentation, à cinq ans de la date butoir fixée pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ce rapport montre que les crises alimentaires et économiques, alliées au changement climatique, entachent les évolutions positives des premières années concernant la réduction de la pauvreté et la lutte contre la faim. L'ONU estime qu'il y avait peut-être jusqu'à 915 millions d'individus dénutris en 2008, et qu'ils dépasseraient le milliard en 2009.
Alors que les associations mobilisées pour aider les populations défavorisées, aussi bien en France qu'ailleurs, fleurissent, des pays développés sont actuellement en pauvaise passe. C'est le cas de la Grèce, et plus récemment de l'Irlande, qui ont été contraints de se tourner vers le FMI (Fond Monétaire International). L'Irlande s'est ainsi vu octroyer 85 milliards d'euros pour sortir de la cris, dont 35 milliards d'euros seront destinés à assainir le secteur bancaire au plus mal. Le constat concernant le Portugal, l'Espagne et la Belgique, également en position délicate, reste, lui aussi, amer. Pour preuve, les prévisions de déficit public concernant l'Espagne et le Portugal, plus pessimistes que ce qu'annonçaient Madrid et Lisbonne. L'économie internationale devrait donc subir des transformations irréversibles, notamment au vu du G8 lui-même, que certains de ses membres soughaiteraient élargir à l'Espagne, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil et le Mexique.
D’ici moins d’un siècle, le paysage géopolitique et démographique risque donc de changer radicalement. G20, G8, Grenelle de l’environnement, ou actions solidaires, tout un chacun tente à sa manière, et selon ses moyens, d’anticiper ces revirements. Il existe actuellement 192 états membres de l'ONU. Alors, à quand un G192 ?
Extrait : Pays pauvres, pays riches
Radio Zinzine - X
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Emilie Petit