Dossier
Salon du livre de Paris : le cap de la trentaine
Du beau monde
Cette année, le Salon du Livre de Paris, qui a débuté le 26 mars et s'est terminé le 31 mars, est sortie en « grande pompe ». Pour sa 30ème édition, 90 écrivains étaient conviés à participer à cette commémoration, et pas des moindres. Un charivari retentissant d’auteurs internationaux, du plus « classique » au plus controversé. On a retrouvé ainsi pêle-mêle : Paul Auster, qui a d’ores et déjà ses lettres de noblesses au sein du milieu universitaire ; Umberto Eco, spécialiste du roman historico-moyenâgeux ; ou encore la fascinante Amélie Nothomb, écrivain mitigé au parcours prolixe ; Frédéric Beigbéder, ancien publiciste, et écrivain contesté ; et Marie Ndiaye, dernière détentrice en titre du prestigieux Prix Goncourt a la langue affilée. Une mixité qui a permis au Salon du Livre 2010 d’aborder tout en douceur des thèmes qui vont ponctuer cette année riche en célébrations : l’intégration, l’immigration, la diversité, etc. En somme, le monde dans tous ses états. Un panorama de la littérature internationale qui tombe à pic.
Extrait : Le périple de Baldassare d'Amin Maalouf
Christian Vermeersch - Radio Boomerang (2000)
Un multiculturalisme littéraire
Le salon
du livre a toujours été, et ce depuis sa création en 1981 par le Syndicat National de l’Edition, l’occasion de réunir sous le même toit, des écrivains, éditeurs et lecteurs de toutes nationalités. Habituellement dédié à un pays en particulier, pour ses 30 ans, le Salon du Livre avait décidé cette année de réunir plusieurs de ses auteurs fétiches, tous pays confondus. C’est ainsi que l’on a retrouvé dans la catégorie « auteurs étrangers » l’auteure sénégalaise Ken Bugul, de son vrai nom Mariétou Mabye Biléoma, aux côtés de sa compatriote Fatou Diome, qui, elle, s'est, quand à elle, retrouvée dans la catégorie « auteurs français », « la plus alsacienne des sénégalaise » dixit l’intéressée. Deux parcours différents et pourtant un objectif commun: dénoncer, grâce à l’écriture, les tumultes de la société sénégalaise et française. Une ambition, pour ce trentième salon du livre : dépeindre de manière presque exhaustive ce multiculturalisme littéraire dans son ensemble. Un écho à la journée du 21 mai 2010 dédiée à la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, organisée par l’UNESCO.
Extrait : Les préférences de Fatou Diome
Dominique Baillard - RFI (2002)
Des rencontres opportunes
Un méli-mélo culturel donc, pour cette trentième édition. Une opportunité pour ces éditeurs désireux de rencontrer leur lectorat de plus en plus restreint. C’est ce que nous explique Daniel Legrand, responsable des Editions Virgile qui publient principalement de la littérature contemporaine d’auteurs vivants : « Le salon du livre est l’occasion pour nous, éditeurs, de rencontrer nos lecteurs et d’échanger ensemble, ce que nous ne pouvons habituellement pas faire. Le salon du livre nous permet ainsi d’avoir un retour sur nos choix éditoriaux. Mais l’édition traverse une crise due à un lectorat de plus en plus rare, phénomène culturel qui fait suite à l’ampleur de l’internet et de la télévision ». Les Editions Virgile n'étaient pourtant pas présentes cette année, car « le coût d’un stand aux portes de Versailles reste trop important. Il y a donc de moins en moins d’éditeurs présents au Salon. C’est pour ça que l’année prochaine, le Salon du Livre devrait avoir lieu au Grand Palais, ce qui réduira les frais ». Espérons enfin que la présence d’auteurs internationaux a permis aux jeunes lecteurs de découvrir, dès leur plus jeune âge, la richesse de la langue française à travers des récits de vie multiculturels tous plus significatifs les uns que les autres.
Liens : www.salondulivreparis.com
Emilie PETIT