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Dossier

Banlieues : un nouveau jour se lève…

Cinq petites années et puis s’en vont ?

L’effet papillon

carte émeutes27 octobre 2005, Clichy-sous-Bois. Bouna Traoré, 15 ans, Zyed Benna et Muhittin Altun, 17 ans, accompagnés de sept jeunes de leur quartier, quittent le stade Marcel-Vincent de Livry-Gargan où ils ont passé l’après-midi à jouer au football. Sur leur chemin, ils entament un périple sur un chantier de construction. Face à eux, quelques habitations. L’un des riverains passe un appel à la gendarmerie, peu après l’intrusion des jeunes sur le site, signalant une tentative de vol sur une baraque du chantier. Le commissariat de Livry-Gargan envoie sur place un véhicule de la brigade anti-criminalité. Voyant la police nationale à leur trousse, quatre d’entre eux se réfugient dans le Parc Vincent Auriol et deux autres dans le cimetière situé près d’un poste de transformation EDF près duquel se sont également réfugiés trois autres fugitifs. Pris de panique, Bouna Traoré, Zyed Benna et Muhittin Altun décident de se cacher dans le transformateur. Deux d’entre eux mourront électrocutés tandis que le troisième sera grièvement brûlé. S’ensuivent alors pendant près d’un mois, des rixes entre « banlieusards » et force de l’ordre, page historique tristement célèbre sous le titre « d’émeutes des banlieues de novembre 2005 ».

Mais cet  évènement n’était que l’annonciateur d’une crise bien plus profonde : celle des banlieues face à l’enfermement de populations, dites « minoritaires », ou immigrées dans des quartiers laissés à l’abandon par le marché du travail et par l’Etat lui-même. Chômage, pauvreté, problème d’intégration sociale ou encore illettrisme sont les fardeaux de ces quartiers jouxtant les grandes métropoles françaises. Cinq ans plus tard, cette révolte des banlieues est-elle terminée ? Ou bien n’était-elle que le bras d’un fleuve dormant dont les remous se font de plus en plus sentir ?

Extrait : Courir et mourir

Radio Enghien - Katia Scifo (2006)

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 Mesures disciplinaires et répression

Au total, 9193 véhicules ont été incendiés, 2921 personnes interpellées, 52 policiers blessés et 4 personnebanlieuess décédées dans l’hexagone, du 27 octobre au 17 novembre 2005. Une aubaine pour les opposants à la majorité gouvernementale : le 4 novembre 2005, le Parti communiste, le député-maire PS de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, le député Vert de la Gironde, Noël Mamère, et le député de l'Isère et secrétaire national du PS chargé de la justice et de la sécurité André Vallini demandent la démission du ministre de l'Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy. Dans la foulée, le gouvernement de Dominique de Villepin met en place les contrats d’accompagnements à l’emploi et les contrats d’avenir ainsi que le service civil volontaire prenant effet en 2007…qui se présenteront par la suite comme des flops semi-cuisants. Et comme lors de chaque crise, les mesures sécuritaires mises en place deviennent draconiennes : Nicolas Sarkozy demande aux préfets que les étrangers, qui sont en situation régulière ou irrégulière et qui ont fait l'objet d'une condamnation, soient expulsés sans délai du territoire français, y compris ceux qui ont un titre de séjour. Mesure stérile pour certain : Il a effectivement été démontré par la suite que les étrangers ne représentaient que 6% des condamnations judiciaires suite aux « violences urbaines »… Finalement, l’état d’urgence durera 3 mois pendant lesquels la révolte des banlieues deviendra petit à petit une opportunité politique pour remonter un peu plus dans les sondages, à gauche comme à droite.

Pourtant les problèmes de la pauvreté et du chômage dans ces banlieues persistent. Si le gouvernement craint de voir se réitérer des émeutes un peu partout en France, la politique de sureté de Nicolas Sarkozy inquiète les riverains qui craignent une occupation massive des forces de l’ordre dans leurs quartiers et des débordements violents de chaque côté. En 2009, 751 Zones urbaines sensibles (ZUS) ont été répertoriées en France – ce qui est pour l’instant toujours le cas. Selon le rapport de l’Observatoire des zones urbaines sensibles de 2009 (Onzus) le bilan est terrible : avec un taux de chômage dépassant largement la moyenne nationale, les banlieues apparaissent les plus touchées par la pauvreté et l’insalubrité. Pourtant, certains organismes gouvernementaux tel que l’Acsé se mobilisent quotidiennement pour répondre à une problématique de cohésion sociale évidente : en 2009, ce sont 28 275 actions qui ont été financés par l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances à destination d’associations, de collectivités territoriales et d’opérateurs locaux.

Solidarité ou appât du gain ? Le fait est que la prise de conscience des populations locales et leurs initiatives agissent finalement comme un coup de burin pour éviter l’enlisement de ces quartiers très souvent exclus de la sphère sociale française.

Extrait : Droit de regard - Insertion et intégration par le travail et l'emploi des publics des quartiers sensibles (1/2)

Radio Trait d'Union - René Friart (2006)

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Un nouveau ministère, de nouvelles perspectives : un nouvel horizon ?

operation banlieueEn mai dernier, le Premier ministre François Fillon avait reculé en 2011 la réforme de la politique de la ville. Une annonce en corrélation avec la réhabilitation d’un véritable ministère de la ville avec, aux manettes, Maurice Leroy, anciennement chargé de mission auprès du ministre délégué de la Ville et de l'Intégration, Éric Raoult, de 1995 à 1997. Le remaniement ministériel de novembre 2010 a donc vu sortir du placard un ministère inconnu au bataillon depuis l’élection du Président Nicolas Sarkozy, mais qui avait pourtant été créé en 1991 sous la présidence de François Mitterrand. Auparavant mis en place pour répondre à une exigence sociale et urbanistique, il était réapparu ces dernières années sous l’estampe de « politique de la ville ». Programme national de rénovation urbaine (PNRU), Zones urbaines sensibles (ZUS), Contrat de cohésion sociale (CUCS),… Tout avait à priori été mis en œuvre pour répondre aux problématiques des banlieues.

Et pourtant, le bilan est amer. Quartiers défavorisés ou ghettos inavoués : la République impuissante, c’est le titre d’un rapport parlementaire sur la politique de la ville rendu public le 21 octobre 2010. Ce rapport met en évidence l’incapacité des gouvernements successifs  depuis 2003 à faire face aux dégradations qui ébranlent les banlieues françaises.  Ce rapport révèle que dans les Zones urbaines sensibles, le taux de chômage est deux fois plus élevé qu’ailleurs en France. Il atteindrait les 30% dans certains quartiers.Le rapport 2010 de l’Onzus se fait également l’écho du crie d’alarme des parlementaires, puisqu’il souligne la difficulté pour les jeunes issus des Zones urbaines sensibles à trouver rapidement un emploi stable. Il pointe du doigt les phénomènes de migration qui ne font qu’entériner les problèmes d’emplois et de chômage. En effet, chaque année, 7% des habitants quittent le quartier et sont remplacés par de nouveaux habitants, généralement en situation de précarité accrue par rapport aux partants.

Cependant, le tableau n’est pas complètement noir, puisque ce même rapport souligne une amélioration dans les domaines de l’éducation et de la sécurité, grâce, notamment aux associations d’aides qui se multiplient dans les quartiers difficiles et tentent de faciliter l’insertion des familles immigrées. Sur site d’information du Point.fr, Maurice Leroy a déclaré, en réponse à ces deux rapports : "je retiens avant toute chose que nos efforts commencent à porter leurs fruits dans le domaine de la réussite éducative, de la rénovation urbaine mais aussi de la sécurité". Face à la situation "préoccupante" du chômage, celui-ci souhaite faire de l'emploi la "priorité" de son action en 2011. Le chômage étant la première cause d’inquiétude des français en ce début d’année 2011, espérons simplement que le gouvernement Fillon III suivra la mouvance et fera de même pour les quelques 9,1 milliers de chômeurs recensés par l’Insee en octobre 2010… avant la venue « d’une guerre totale aux cités ».

Emilie PETIT

Extrait : Grandir en banlieue

Radio RCT - Bernard Dautant (2010)

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Sélection

Banlieues - Grands ensembles et cités H.L.M. (2/6)

Tour d'horizon de l'architecture sociale, de ses débuts dans les années 50 avec les Cités Million, aux réflexions engagées récemment par le Ministre du Logement pour un domicile minimum d'insertion.

Katarina PoetshRadio Clapas

Entretien – 14 minutes – diffusé le 25-10-1994 – mis en ligne le 30-12-2010

Courir et mourir

Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, Bouna et Zied sont morts, Muhittin est grièvement brûlé, dans un site EDF : dans les jours qui ont suivis, une communication officielle et mensongère, sur le compte de ces trois jeunes, s'est mise en place...

Katia ScifoRadio Enghien

Entretien – 12 minutes – diffusé le 31-05-2006 – mis en ligne le 19-07-2010

L'histoire des rebellions en banlieues

Michelle Zancarini, professeur d'histoire, retrace les principales étapes des rebellions en banlieue lyonnaise.

Bernard DautantRCT CAPSAO

Entretien – 19 minutes – diffusé le 03-02-2010 – mis en ligne le 30-09-2010

Crise et violences urbaines

Philippe Aymard, éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse à Dijon, tente d'expliquer les émeutes urbaines à la lumière de son expérience avec les jeunes en difficulté. Le point de vue d'Attac-Campus-Dijon sur la réaction du gouvernement.

Prudhomme C. & Combette E.Radio Campus Dijon

Entretien – 19 minutes – diffusé le 08-02-2006 – mis en ligne le 15-06-2010

Grandir en banlieue

Étude sur la situation des jeunes issus de l'immigration en banlieue.

Bernard DautantRCT CAPSAO

Reportage – 19 minutes – diffusé le 12-03-2010 – mis en ligne le 06-10-2010

Quelques préjugés sur les banlieues et ses quartiers

Chercheurs, sociologues et responsables locaux se penchent sur les préjugés et clichés (à corriger) qui prétendent décrire la réalité de la vie des quartiers et de leurs habitants.

Katia ScifoAlternative FM

Entretien – 11 minutes – diffusé le 25-01-2010 – mis en ligne le 29-09-2010

Politique de la ville à Nîmes, quésako ?

Qu'est-ce que la politique de la ville ? Que fait-on pour améliorer les conditions de vie des quartiers défavorisés ? Qui s'y emploie ? Quelques unes des questions auxquelles les invités de cette émission apportent des réponses.

Anne-Lise ClercAlliance Plus

Entretien – 28 minutes – diffusé le 12-01-2010 – mis en ligne le 29-09-2010

Droit de regard - Insertion et intégration par le travail et l'emploi des publics des quartiers sensibles (1/2)

Pour parler de l'intégration par le travail et l'emploi des publics des quartiers sensibles, rencontre entre une responsable de structures mettant en place des dispositifs d'insertion, un patron d'une PME, et un élu.

René FriartRadio Trait d'Union

Entretien – 20 minutes – diffusé le 19-04-2006 – mis en ligne le 17-12-2010

 
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