Focus
Alors que l’élection présidentielle 2012 approche à grands pas – le premier tour est d’ores et déjà fixé au 22 avril prochain -, l’Anacej, association nationale des conseils d’enfants et de jeunes, a lancé depuis le mois d’octobre 2011 sa campagne « 2012, je vote ». Créée dans le but de sensibiliser la jeune génération au vote citoyen, l’association a, en ce sens, étudié les questions de vote blanc et vote refus. A l’heure où certain sociologues s’interrogent sur l’apolitisation et le non-militantisme des 18 -25 ans, l’Anacej, a ainsi souhaité éclaircir les raisons de ce désengagement.
Dossier
Election présidentielle 2012 : les jeunes dans la ligne de mire
C’est décidé, en « 2012, je vote » !
Promouvoir la participation des enfants et des jeunes à la décision publique et leur concertation au niveau local avec les élus, et accompagner les collectivités locales dans la mise en place d’instances et de participation des jeunes sont les diverses missions que s’est donnée l’Anacej depuis sa création en 1991. C’est donc en toute logique que l’association dédiée à la jeunesse a décidé dès fin 2011 de mettre en place une campagne de sensibilisation intitulée « 2012, je vote ». Plusieurs outils ont ainsi été mis à disposition des adhérents de l’association et du public.
Mise en place dans le but d’aider les nouveaux électeurs à s’inscrire sur les listes électorales et à voter le jour J, cette campagne met également à disposition différents outils : tracts et affiches expliquant la procédure d’inscription sur les listes, volet consacré à l’incitation au vote, informations sur comment aller voter, l’organisation des bureaux de vote et le vote par procuration. Autant d’éléments permettant de faciliter l’accès au débat démocratique à la jeune génération dont les préoccupations sont légitimement autres.
Extrait : A voté !
Anne-Lise Clerc - Alliance Plus (2009)
Une jeunesse absente des listes électorales
Conjuguée à un sondage IFOP, « 2012, je vote » va bien au-delà d’un simple coup de pouce. Elle permet de mettre
en exergue différentes problématiques socioculturelles et générationnelles avec, notamment, la méconnaissance des modalités d’inscription sur les listes électorales, les nouveaux moyens utilisés pour s’informer sur le déroulement de la campagne présidentielle ainsi que la place insuffisamment accordée aux problèmes des jeunes. Ils sont en effet 72% à penser que les débats ayant actuellement lieu au sein de la campagne présidentielle ne les concernent pas directement.
Cependant, malgré une mésinformation évidente chez les primo-votants, comme le sondage IFOP « Les primo-votants et la perspective de l’élection présidentielle » le souligne, ils sont tout de même 55% à déclarer s’intéresser de manière significative au débat. Un chiffre supérieur à celui constaté sur un large panel de votants, toutes catégories d’âges confondus et au niveau national, de l’ordre de 45% seulement. A noter que les principales thématiques primordiales pour ces jeunes restent similaires à celles d’une majorité de la population française. Ainsi, l’emploi et la formation constituent les thèmes principaux évoqués par 94% d’entre eux.
Extrait : Elections présidentielles françaises vues par des étrangers à Marseille
David Haccoun - Radio Galère (2007)
Vous avez dit dépolitisation ?
Pourtant, les 55% de primo-votants intéressés par le débat démocratique sont bien moindre que ceux de l’année 2006, lors de la dernière élection présidentielle donc. Les jeunes votants ne se passionnent donc pas autant cette année et affichent un certain désarroi quant à leur positionnement. Si une majorité affirme tout de même un léger penchant pour le candidat socialiste – ils sont 33% à se prononcer en faveur de François Hollande selon un sondage IFOP -, ils sont tout de même 49% à ne faire confiance ni à la droite ni à la gauche, d’après les résultats du baromètre d'octobre de la confiance politique du Cevipof.
Malgré une image subsistante d’une jeunesse dépolitisée et des chiffres à priori révélateurs d’un certain refus d’engagement de leur part, Anne Muxel, sociologue française spécialiste de la socialisation politique portant sur l’étude comportementale et l’importance de l’enracinement familial, défend avec ardeur l’engagement politique des primo-votants. Pour cette spécialiste, leur retrait politique apparent ne serait qu’une simple recomposition de leur participation politique. Leur non-engagement proviendrait du fait d’un brouillage attentif des débats et des priorités thématiques offertes par les politiques. De plus, quatre jeunes sur dix ne se reconnaissent pas dans la bipartition gauche / droite. Un peu plus de clarté dans les idées avancées et un clivage idéologique moins marqué seraient donc les clés pour gagner le cœur de la génération future…
Extrait : Après le choc du premier tour de ma présidentielle : que reste-t-il de la mobilisation ?
Dylette Sadaoui - RFI (2002)
Emilie PETIT