Dossier
Les missions de l’Unesco mises en péril
Philosophie et pensée pour la paix
Depuis maintenant près de 67 ans, l’Unesco, agence spécialisée des Nations Unies, a pour mission de promouvoir la paix au travers de l’éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l’information. Cinq programmes ont, en ce sens, été mis en place : améliorer l’éducation dans le monde, renforcer les capacités scientifiques et technologiques au service du développement, promouvoir les sciences sociales et humaines, préserver et respecter les spécificités de chaque culture et favoriser la communication et l’information ainsi que la libre circulation des idées et le partage des savoirs.
Suite aux affres de la Seconde Guerre Mondiale, ce sont 37 pays en reconstruction qui, dès 1946, choisissent de s’engager à maintenir la paix dans le monde. Leur étendard en préambule de l’acte constitutif de l’Unesco: « Les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix (…) ; qu'une paix fondée sur les seuls accords économiques et politiques des gouvernements ne saurait entraîner l'adhésion unanime, durable et sincère des peuples et que, par conséquent, cette paix doit être établie sur le fondement de la Solidarité intellectuelle et morale de l'humanité ».
A ses débuts, l’Unesco ne comptait qu’un seul pays d’Afrique australe et trois pays d’Asie parmi les 37 pays fondateurs et 20 pays signataires. Mais à mesure que d’anciennes colonies accèdent à l’indépendance, l’Unesco se voit, dès 1960, en toute logique élargir ses états membres à 17 pays d’Afrique. Un développement offrant à ses activités une nouvelle impulsion qui lui permet d’intervenir de plus en plus fréquemment dans le développement économique et social des pays concernés.
Extrait : Les Clubs UNESCO
Arnaud Audrix - Radio Périgueux (1993)
L’Unesco, un caméléon géopolitique
Intrinsèquement lié à l’ONU, cette institution a, de ce fait, multiplier
ses champs d’intervention au fil des ans, sans pour autant perdre de vue ses objectifs premiers. Connue pour répertorier, selon des critères bien définis, le patrimoine mondial, l’Unesco reste avant tout une institution éthique et symbolique. Loin de l’action générée par les forces de l’ONU, l’Unesco se veut un laboratoire d’idées, d’expérimentations et un organe normatif avec comme but de susciter des accords universels sur des questions éthiques sans cesse renouvelées.
Dès 1947, un service d’archives est mis en place dans le but de répertorier de manière la plus précise possible la mémoire institutionnelle de l’agence. L’unité des archives et la gestion des dossiers mènent donc une double mission : documenter l’histoire et les activités de l’organisation et de ses prédécesseurs depuis 1945 à nos jours, et aider le secrétariat à gérer ses dossiers, afin de garantir leur pérennité et leur disponibilité. Par ailleurs l’Unesco a également été en charge de l’animation de la Décennie internationale pour la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, de 2001 à2010, autour de huit champs d’action. Sans compter une multitude de magazines et revues mettant en exergue les recherches entreprises par l’Unesco.
L’institution est également possesseur d’une arche de Noé : dans le cadre du programme MaB (the Man and the Biosphere), elle a établi un réseau de réserves de biosphères qui se proposent de protéger la nature tout en préservant l’activité humaine sur toute la planète.
Extrait : Promouvoir la paix par l'éducation
Anne Blancart - RFI (1995)
Un renouvellement missionnaire et financier difficile
En 2010, l’Unesco a unanimement décidé de s’initier à l’écologie comme nombre d’ONG, et de dédier une branche de son programme à la Biodiversité. En effet, outre la nécessité d’intégrer au sein de ses programmes les notions désormais fondamentales de développement durable, l’organisation à souhaité, dans la continuité de son étroite corrélation avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement, répondre aux enjeux liés à la biodiversité tels que la réduction significative de l’extrême pauvreté et de la faim, la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de la femme et la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement et la santé.
En parallèle, l’Unesco renouvelle, tous les six ans, et sous la haute autorité de l’ONU et des Etats membres, sa stratégie. La stratégie à moyen terme ordonnée par l’Unesco et les Objectifs du Millénaire pour le Développement courant jusqu’en 2013, nécessite donc des fonds importants. Education et alphabétisation des femmes et des jeunes filles à Dakar, assistance technique et veille à l’application d’une stratégie d’intégration des questions primordiales d’égalité des sexes applicables dans tous les grands programmes : l’agence a beaucoup à faire ! Des missions mises actuellement en péril puisque, sans le fond de soutient engagé par les Etats-Unis, l’Unesco pourrait avoir beaucoup de mal à réaliser ses objectifs.
Alors, l’Unesco, entreprise en pleine récession ? Nul ne paraît aujourd’hui être épargné par la crise, quand bien même celle touchant de plein fouet l’organisation paraît être consciemment provoquée pour cause de divergence d’opinion et de gestion…
Extrait : Le Forum Femmes-Méditerrannée
Marc Voiry - Radio Grenouille (1999)
Emilie PETIT